Michel HIDALGO, l’adieu aux larmes

Publié le 01/04/2020

L’homme qui a amené son premier titre à l’Équipe de France est décédé le jeudi 26 mars, à l’âge de 87 ans.

Ses larmes de joie ont fait pleurer la France… Voilà probablement l’image, parmi tant d’autres, que beaucoup gardent de Michel Hidalgo, l’un des hommes, avec Georges Boulogne et Fernand Sastre, par lesquels le renouveau du football tricolore est arrivé au milieu des années 1970, mais surtout celui grâce auquel les Bleus ont conquis leur premier titre international, en 1984.

Porté par ses joueurs après la qualification pour le Mondial 1978 face à la Bulgarie (Archives FFF).

Il faudrait un livre entier pour visiter ses huit années à la tête de l’Équipe de France, de mars 1976 à juin 1984, soit 75 rencontres qui font de lui le troisième sélectionneur le plus capé après Raymond Domenech (79) et Didier Deschamps (100). Il faudrait un livre entier, aussi, pour rendre hommage à cet amoureux du jeu, qui incarnait une certaine idée du football, belle, passionnée et romantique.

De Florence à Séville
Né le 22 mars 1933 à Leffrinckoucke (Nord), Michel Hidalgo a connu une première vie de joueur professionnel. Milieu de terrain, il se construit un beau palmarès avec le Stade de Reims (championnat de France et Challenge des champions 1955) et l’AS Monaco (championnats de France 1961 et 1963, Coupes de France 1960 et 1963, Coupe Drago 1961). Il jouera une fois en Équipe de France, pour une courte défaite en amical contre l’Italie le 5 mai 1962 à Florence (2-1).

Avec Raymond Kopa pour sa seule sélection, contre l’Italie en 1962 (Archives FFF).

Mais le nom de Michel Hidalgo, d’abord reconverti adjoint du directeur technique national (DTN) Georges Boulogne, puis du sélectionneur roumain des Bleus Ștefan Kovacs à partir de 1973, reste évidemment lié aux qualifications mémorables pour les Coupes du monde 1978 en Argentine et 1982 en Espagne, celle-ci achevée à la quatrième place.

La première lui vaut d’être porté en triomphe au Parc des Princes au soir de la victoire fondatrice contre la Bulgarie (3-1), le 16 novembre 1977, tandis que la seconde renvoie immanquablement en écho le magnifique et douloureux souvenir de la demi-finale légendaire de Séville, perdue contre la RFA (3-3, 5-4 tab). On pardonne alors volontiers l’élimination de l’Euro 1980 à celui qui a permis aux Bleus de reconquérir le cœur de tout un pays.

Le chef d’œuvre de l’Euro
Avec lui et avec les PlatiniGiresseTigana et autres Rocheteau, les Tricolores proposent un jeu collectif de qualité, parfois audacieux en s’appuyant sur ce que l’on appellera le « carré magique », et souvent flamboyant. Sa vision offensive du football trouve son couronnement lors de l’Euro 1984 qui sacre, à domicile, le 27 juin contre l’Espagne (2-0), une Équipe de France rayonnante.

Au cœur de ses Bleus, champions d’Europe en 1984 (Staff/AFP).

« Cet Euro nous a éblouis », confiait-il avec une touchante nostalgie, toujours sous le charme de cet été gravé dans bien des mémoires. Michel Hidalgo, devenu entretemps DTN en 1982 – il le restera jusqu’en 1986 –, peut alors transmettre le témoin tricolore à Henri Michel et tourner une page de l’histoire des Bleus marquée de son empreinte. Et de ses larmes de bonheur.

L’HOMMAGE DE NOËL LE GRAËT, PRÉSIDENT DE LA FFF

« Nous apprenons aujourd’hui avec une immense tristesse et une profonde émotion la disparition de Michel Hidalgo. La Fédération, notre football est en deuil. Michel Hidalgo fait partie des plus grands noms du football français. Il a marqué l’histoire et le palmarès du football français et international avec le premier titre majeur remporté par notre Équipe de France. Par sa philosophie de jeu, sa personnalité, sa passion exemplaire, il a contribué au rayonnement de notre sport sur le plan international et à sa popularité en France. Il a su nous procurer des émotions qui sont gravées et resteront gravées. Il restera dans nos mémoires comme un symbole, un entraîneur, un sélectionneur de référence, amoureux du beau jeu, proche des joueurs. Michel a rempli de multiples fonctions dans sa carrière au service du football toujours avec compétence, respect des hommes et dans le sens de l’intérêt collectif. C’était un homme d’une grande et belle humanité, une personnalité rare que j’ai eu le plaisir de connaître. Au nom de la Fédération Française de Football et de l’ensemble du football français j’adresse mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches ». 

Par Anaïs TENAILLE

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